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Avec son premier film en tant qu’auteure (et co-réalisé avec son mari Pascal Courchesne), Charlotte Laurier met à contribution (presque toute) sa famille dans ce film très personnel. On sent poindre chez elle un désir et une urgence du septième art qui, malgré certaines maladresses et baisses de régime, laisse entrevoir une voix singulière dans notre paysage cinématographique trop souvent formaté.
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Texte : André Lavoie
Mediafilm (mediafilm.ca)
Parution : 30 mai 2008
«LES PLUS BEAUX YEUX DU MONDE»
Canada (Québec). 2007. Drame psychologique de Charlotte Laurier et Pascal Courchesne avec Charlotte Laurier, Patrice Savard, Carlotta Laurier-Courchesne, Amit Das, Pierre-Luc Brillant, Stella Courchesne-Laurier, Angela Laurier. 82 min.
Désormais incapable d'assumer son rôle d'épouse et de mère, Marion quitte brutalement Antoine, son conjoint, et leurs deux filles, Carla et Agathe. La jeune femme n'en est pas à sa première fuite: à 17 ans, elle quittait la France, sa famille de forains et son travail de ballerine dans un cirque pour venir s'établir au Québec. Rongée par la culpabilité et subsistant grâce à un boulot de serveuse dans un restaurant de quartier, Marion se replonge dans les souvenirs de son enfance auprès de sa mère trapéziste. Puis, sans prévenir personne et sans destination précise, elle part en voyage, causant à Antoine une vive inquiétude.
Charlotte Laurier effectue un retour au cinéma après plusieurs années d'absence. En plus de tenir la vedette, elle signe elle-même ce premier long métrage de fiction qui affiche un ton très personnel. L'aventure ressemble par ailleurs à une véritable affaire de famille puisque le conjoint de l'actrice, ses enfants et sa soeur Angela y ont tous participé. Or, si la démarche est empreinte de sincérité, le film souffre d'une structure narrative alambiquée, triste reflet du chaos intérieur de la protagoniste. Cette dernière, incarnée par la cinéaste qui arbore un accent français rarement convaincant, fait au gré de son voyage la rencontre de divers personnages aux traits caricaturaux, instruments d’une symbolique appuyée. La modestie des moyens n'excuse pas toujours les maladresses de la réalisation. En outre, le mélange à l’écran d'acteurs chevronnés et de non professionnels est rarement harmonieux.
Cote Mediafilm : 5 (moyen)
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