Cassandra's Dream
de Woody Allen

Un Woody inédit au Parc…

L'absence sur les écrans de Cassandra's Dream (Le Rêve de Cassandre), l'avant-dernier film de Woody Allen, a causé un certain remous dans le milieu cinéphilique et notamment dans celui de la critique. Défenseur, entre autres, du cinéma d'auteur, l'AQCC a voulu combler cette lacune. En collaboration avec le Cinéma du Parc et grâce à l'appui du distributeur, les Films Séville, le Woody Allen inédit verra donc le jour sur grand écran. Nous espérons que cette association se renouvellera dans les mois et années à venir, qu'il s'agisse du Cinéma du Parc ou d'autres salles qui défendent constammment et régulièrement un cinéma autre.

Élie Castiel, président, AQCC

Ainsi, durant la première semaine d'exploitation de Cassandra's Dream au Cinéma du Parc,
toutes les séances de 19 h seront précédées d'une présentation faite par un membre de l'AQCC :

Vendredi 5 décembre : Élie Castiel (Président | AQCC - Association québécoise des critiques de cinéma)

Samedi 6 décembre : André Lavoie (Le Devoir | Mediafilm)

Dimanche 7 décembre : Louise-Véronique Sicotte (Radio Ville-Marie)

Lundi 8 décembre : Martin Gignac (Ici)

Mardi 9 décembre : Jorge Gutman (CKUT)

Mercredi 10 décembre : Marianne Villeneuve (CIBL)

Jeudi 11 décembre : Ismaël Houdassine (Séquences)

 

Cassandra’s Dream

À cause d’un problème de distribution, l’avant-dernier film de Woody Allen Cassandra’s Dream n’a jamais pris l’affiche sur les écrans québécois. Cette injustice vient d’être réparée avec la sortie de ce long métrage qui suit les destins tumultueux de deux frères (Ewan McGregor et Colin Farrell) dévorés par l’argent, les remords et la famille. Contrairement à ses habitudes, le cinéaste new-yorkais parle peu d’amour charnel. Il a même remplacé la légèreté et l’humour qui ont fait sa gloire par un suspense gris de plus en plus trouble et obsédant, à l’image de la magnifique partition musicale de Philip Glass, toujours ancrée dans les répétitions et le renforcement. D’un scénario à priori verbeux d’où découle une histoire pas toujours originale voit apparaître des zones sombres et de nombreux conflits moraux. À la façon d’un Shallow Grave ou d’un Before the Devil Knows You’re Dead, le réalisateur à lunettes confronte ses antihéros à leurs doutes et à leurs cauchemars, offrant au passage des personnages en or à des acteurs qui ont souvent été mal dirigés par le passé, tout en permettant au toujours excellent Tom Wilkinson de briller dans un rôle important. En renouant avec ses obsessions les plus singulières (l’importance du hasard, l’unité comme piédestal de l’existence, la tragédie grecque ancrée au théâtre et dans la réalité), Allen revisite un univers connexe de Match Point, avant de se laisser emporter par les fantaisies de Vicky Christina Barcelona.

Martin Gignac (Ici, 4 déc. 2008, p. 72)

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