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Ex-critique et ancien vice-président de l’AQCC, Denis Côté fait sa marque dans le circuit des festivals internationaux, méritant sa part de prix. Avec ce troisième long métrage, le réalisateur de 34 ans signe un autre film personnel, qui ravira les cinéphiles exigeants.
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Texte : Jean Beaulieu
Mediafilm.ca
Parution : 5 décembre 2008
«ELLE VEUT LE CHAOS». Canada (Québec). 2008. Drame de moeurs de Denis Côté avec Ève Duranceau, Nicolas Canuel, Normand Lévesque, Laurent Lucas, Réjean Lefrançois, Olivier Aubin, Lesya Samar, Catherine Erofeeva, Marc Paquet et Catherine Bégin. 107 min.
Coralie, une jeune ouvrière triste et en colère, vit avec son beau-père Jacob dans un coin de pays isolé. À deux pas de chez elle gravite une bande de truands qui tente par la peur de faire main basse sur le territoire. À sa sortie de prison, Pierrot, ex-copain de Coralie, revient dans le patelin. Mais il se heurte à l'indifférence de la jeune femme, ainsi qu’à l'hostilité du voisinage, auquel viennent de se greffer deux immigrantes russes destinées à la prostitution. À l’heure où Coralie se prépare à aller avec Jacob visiter sa mère, récemment admise dans une maison de repos, des règlements de comptes se trament.
Après deux longs métrages remarqués dans le circuit des festivals (LES ÉTATS NORDIQUES et NOS VIES PRIVÉES), Denis Côté commence à imposer sa signature. Privilégiant une esthétique apparentée à celle de certains cinéastes d'Europe de l'Est, le réalisateur livre à ce jour son film le plus accompli. Sa mise en scène réglée au quart de tour, forgée de plans-séquences et de cadrages millimétrés, nous promène dans une sorte de western glauque et chaotique aux décors frustes, où gronde une violence latente et sourde. Le récit cultivant plusieurs zones d'ombre, le spectateur doit combler son retard sur une intrigue lourdement ancrée dans des événements passés et des conflits larvés. En effet, les éléments mis à sa disposition avec parcimonie ne lui permettent pas toujours de saisir les motivations des protagonistes et les enjeux dramatiques qui les animent. D'un naturel confondant, les comédiens crachent des dialogues crus et habitent leurs personnages intensément, depuis l'intérieur.
Cote Mediafilm : 4 (bon)
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